Article éclair pour présenter, à l’occasion de cette « Journée de la Femme », deux personnalités féminines inspirantes : Hatshepsut et Nefertiti

Hatshepsut, que son nom même la désigne comme une dirigeante : « A la tête des nobles dames« , tiendra un rôle majeur en Égypte. Son esprit que ses contemporains qualifient de vif amènera son père à proclamer « Je la mettrai à ma place« [1] et c’est ce qui arrivera. : Hatshepsut, après un règne en tant que Grande Epouse puis régente du fils de son mari et finira couronnée du plus haut titre égyptien : pharaon.

Elle se maintiendra au pouvoir pendant une vingtaine d’année dans un règne reconnu comme pacifique et prospère. Cela ne l’empêche pas de mater par la force plusieurs rébellions, ni d’organiser une campagne militaire en Nubie qui finira sur la destitution du roi. Mais elle est surtout connue comme une très grande bâtisseuse : elle est à l’origine de plus d’une centaine de projets de construction, et la statuaire se développe si bien sous son règne que malgré la damnatio memoriae[2] commise par ses deux successeurs, presque tous les musées du monde ont une statue d’elle dans leur collection[3].

Quant à Nefertiti, sa personnalité ne montre pas autant d’ambition, mais elle exerce cependant un rôle politique et religieux essentiel aux côtés de son époux Akhenaton qu’elle en viendra à éclipser : les parois du temple d’Aton à Karnak comptent plus de représentations de la reine que de pharaon. C’est d’ailleurs un point que je trouve intéressant : elle est représentée à la fois seule dans des poses traditionnelles de pharaons (châtiant les ennemis) bien qu’elle n’en ait jamais eu le titre, mais aussi officiant aux côtés du roi, ou encore dans l’intimité de la famille royale aux côtés de ses filles et de son époux. Quand on sait que jamais l’art officiel n’avait représenté ce genre de scènes personnelles, cela montre l’influence qu’elle exerçait, autant que la complétude de sa personnalité qui jonglait entre les rôles de reine, d’épouse et de mère.

 


  1. Citation tirée d’une inscription sur un mur du temple de Deir el-Bahari (Desroches Noblecourt, Ch., La mystérieuse reine Hatshepsout, Paris, Pygmalion, p. 37).
  2. Pour des raisons peu claires, Thoutmosis III et Amenhotep II la condamnent à l’oubli post-mortem : les cartouches contenant son nom sont effacés, ses statues sont jetées à bas, brisées, défigurées et enterrées en fosses. Fort heureusement, cette destruction n’a touché que les plus visibles et les plus accessibles de ses représentations.
  3. A l’instar de la célèbre Hatshepsut Room du Metropolitan Museum of Art.
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